Externaliser les déplacements : un gain pour les PME ?

Pour une PME, les déplacements professionnels peuvent sembler relever d’une simple question logistique : acheter un véhicule, souscrire une assurance, prévoir son entretien et laisser les collaborateurs prendre le volant lorsque cela est nécessaire. Pourtant, dès que les trajets deviennent fréquents ou impliquent des dirigeants, des clients ou des partenaires, le coût réel de cette organisation devient beaucoup plus difficile à mesurer.

Une voiture de société ne représente en effet qu’une partie de la dépense. À son prix d’achat ou à son loyer s’ajoutent l’assurance, l’entretien, le carburant, les frais administratifs, l’immobilisation du véhicule et le temps de travail consacré à la conduite. Dans certaines situations, la location longue durée ne règle d’ailleurs qu’une partie du problème.

À l’inverse, externaliser les déplacements permet de transformer une partie de ces coûts fixes en dépense variable, directement liée à l’usage. Mais cette solution n’est pas systématiquement plus économique. Tout dépend de la fréquence des trajets, du kilométrage, du profil des personnes transportées et de la valeur du temps mobilisé.

Le véritable coût d’une flotte automobile pour une PME

La comparaison entre une flotte interne et une prestation externalisée doit commencer par une règle simple : ne pas se limiter au prix affiché du véhicule.

Le coût d’acquisition ou de financement

Pour une PME qui achète un véhicule, le premier poste est évidemment le financement. Un véhicule professionnel à 30 000 € ou 40 000 € représente un investissement important, même lorsqu’il est amorti sur plusieurs années.

Il faut également tenir compte de sa dépréciation. Une voiture perd progressivement de sa valeur, parfois plus rapidement que prévu lorsque son kilométrage augmente fortement. Cette perte de valeur constitue un coût économique, même si elle n’apparaît pas directement dans une facture mensuelle.

Avec une hypothèse simplifiée de 35 000 € pour un véhicule conservé cinq ans et revendu 15 000 €, la seule dépréciation représente déjà environ 4 000 € par an, avant même de prendre en compte les autres dépenses.

Assurance, entretien et imprévus

L’assurance constitue un autre coût récurrent. À cela s’ajoutent les révisions, pneumatiques, réparations, contrôles techniques et éventuels frais liés aux immobilisations.

Un véhicule utilisé intensivement peut nécessiter davantage d’interventions qu’une voiture parcourant quelques milliers de kilomètres par an. Une panne peut également obliger l’entreprise à trouver une solution de remplacement, avec un coût supplémentaire difficile à anticiper.

Le coût total de possession doit donc intégrer non seulement les dépenses prévues, mais aussi une part des coûts imprévus liés à la flotte.

Le temps de conduite : une dépense souvent oubliée

C’est probablement l’un des éléments les plus sous-estimés.

Lorsqu’un salarié conduit pendant deux heures pour rejoindre un rendez-vous, ces deux heures ne sont pas uniquement un coût de carburant. Elles correspondent aussi à du temps de travail qui n’est pas consacré aux missions commerciales, techniques ou administratives.

Prenons l’exemple d’un cadre dont le coût horaire complet pour l’entreprise est estimé à 50 €. Quatre heures de déplacement dans une journée représentent potentiellement 200 € de temps de travail mobilisé, auxquels s’ajoutent les frais du véhicule.

Si un chauffeur professionnel permet au dirigeant ou au salarié de travailler pendant ce trajet, le calcul économique change complètement.

Trois modèles pour organiser les déplacements professionnels

Une PME dispose généralement de trois grandes options : la flotte en propre, la location longue durée et l’externalisation auprès d’un prestataire proposant des véhicules avec chauffeur.

La flotte en propre : intéressante lorsque l’utilisation est régulière

La flotte en propre peut être pertinente lorsque les véhicules sont utilisés fréquemment et pour des missions clairement identifiées.

Un véhicule parcourant 25 000 à 30 000 kilomètres par an peut présenter une logique économique différente de celui qui ne roule que 8 000 kilomètres. Plus le taux d’utilisation est élevé, plus les coûts fixes sont répartis sur un grand nombre de trajets.

Cette solution est également adaptée lorsque les collaborateurs doivent pouvoir disposer d’un véhicule à tout moment et que les déplacements sont difficiles à planifier.

Mais cette flexibilité a un prix. La PME assume directement l’ensemble des coûts liés au véhicule et à son exploitation.

La location longue durée : réduire l’investissement sans supprimer les contraintes

La location longue durée, ou LLD, permet de remplacer un investissement initial important par des loyers mensuels prévisibles.

Cette formule facilite la gestion budgétaire et permet généralement de renouveler les véhicules plus régulièrement. Elle peut donc convenir aux entreprises qui souhaitent conserver une flotte sans immobiliser trop de capital.

Cependant, le raisonnement reste proche de celui d’une flotte traditionnelle. Le véhicule doit être disponible, assuré selon les conditions prévues au contrat et correctement utilisé. Les contrats comportent également des paramètres comme le kilométrage prévu, dont le dépassement peut générer des frais.

La LLD constitue donc surtout une solution de financement et de gestion automobile. Elle ne transforme pas le déplacement en prestation entièrement externalisée.

Le véhicule avec chauffeur : payer le déplacement plutôt que le véhicule

Le troisième modèle consiste à faire appel à un prestataire pour des trajets déterminés.

La PME ne possède alors pas le véhicule et n’a pas à gérer directement son entretien, son assurance ou son immobilisation. Elle règle une prestation correspondant à un besoin précis.

Cette approche est particulièrement intéressante pour les déplacements ponctuels à forte valeur ajoutée : rendez-vous de direction, accueil de clients, transfert depuis un aéroport ou déplacement d’une délégation.

Le raisonnement économique devient alors différent : la question n’est plus combien coûte la voiture, mais combien coûte chaque déplacement et combien vaut le temps libéré.

Existe-t-il un seuil à partir duquel externaliser devient rentable ?

Il serait tentant de déterminer un nombre précis de kilomètres à partir duquel une solution devient systématiquement plus intéressante. En réalité, ce seuil n’existe pas de manière universelle.

Une entreprise qui parcourt 20 000 kilomètres par an avec un véhicule utilisé principalement par des techniciens n’aura pas les mêmes besoins qu’une société dont le dirigeant effectue 10 déplacements par mois entre son siège, des aéroports et des rendez-vous clients.

Il faut donc distinguer volume de kilomètres et valeur du déplacement.

Pour les déplacements récurrents

Lorsque les trajets sont nombreux, réguliers et prévisibles, une flotte ou une LLD peut conserver un avantage économique. Le véhicule est suffisamment utilisé pour amortir ses coûts fixes.

À titre indicatif, une voiture professionnelle dont le coût global atteint 8 000 à 12 000 € par an peut sembler raisonnable lorsqu’elle effectue 25 000 kilomètres. En revanche, le coût par kilomètre devient nettement plus élevé si elle ne parcourt que 8 000 kilomètres.

Le calcul doit donc porter sur le coût complet au kilomètre, et non uniquement sur le carburant.

Pour les déplacements occasionnels

À l’inverse, un véhicule peu utilisé supporte des coûts fixes alors même qu’il reste stationné une grande partie du temps.

Dans ce cas, externaliser certains trajets peut avoir du sens. La PME évite notamment de supporter en permanence les charges liées à un actif sous-utilisé.

Une approche hybride peut alors être pertinente : conserver quelques véhicules pour les besoins quotidiens et externaliser les déplacements spécifiques.

Dans quels cas un chauffeur professionnel se justifie-t-il ?

Le recours à un chauffeur ne doit pas nécessairement être considéré comme une prestation réservée aux grandes entreprises. Il peut répondre à une logique économique lorsque le temps du passager possède une valeur élevée.

Les déplacements des dirigeants

Un dirigeant qui passe plusieurs heures par semaine au volant ne peut pas utiliser ce temps pour préparer une réunion, traiter des dossiers ou échanger avec ses équipes.

Sur un trajet de deux heures, par exemple, un chauffeur permet potentiellement de transformer quatre heures de conduite aller-retour en temps disponible pour travailler ou se reposer.

La pertinence économique dépend alors davantage de la valeur du temps du dirigeant que du seul prix du trajet.

L’accueil des clients et partenaires

Le transport d’un client ou d’un partenaire constitue également une situation particulière.

Un véhicule avec chauffeur peut permettre d’organiser un transfert depuis une gare ou un aéroport sans demander à un salarié de quitter son poste pour assurer cette mission. Le bénéfice est alors à la fois organisationnel et relationnel, sans qu’il soit nécessaire d’en faire un argument commercial.

Les transferts aéroport

Les aéroports sont particulièrement adaptés à ce type de prestation. Les horaires peuvent être contraints, les temps de stationnement importants et les trajets parfois difficiles à intégrer dans l’agenda d’un collaborateur.

Pour une PME dont les dirigeants ou clients voyagent régulièrement, externaliser les transferts peut éviter de mobiliser un véhicule de l’entreprise pendant plusieurs heures pour une seule course.

Le transport de délégations

Une délégation composée de plusieurs personnes pose un autre problème : plusieurs véhicules peuvent être nécessaires, avec une organisation plus complexe.

Une solution de transport avec chauffeur peut alors centraliser les déplacements et simplifier la coordination entre les différents participants.

Comment comparer objectivement les trois solutions ?

Pour prendre une décision rationnelle, il est préférable de construire un coût complet du déplacement.

Pour une flotte en propre, il faut additionner le financement ou l’amortissement, l’assurance, l’entretien, les pneus, le carburant, les taxes éventuelles, les frais de stationnement et la dépréciation.

Pour une LLD, il faut intégrer les loyers, le carburant, l’assurance lorsqu’elle n’est pas comprise, l’entretien selon le contrat, les éventuels frais de dépassement kilométrique et les autres dépenses restant à la charge de l’entreprise.

Pour un véhicule avec chauffeur, le calcul est plus direct : prix de la prestation, éventuels suppléments et fréquence réelle d’utilisation.

Dans les deux premiers modèles, il faut surtout ajouter une variable souvent oubliée : le temps passé par le collaborateur au volant.

Une stratégie hybride peut être plus pertinente qu’un choix unique

Le débat ne doit donc pas nécessairement opposer possession et externalisation.

Une PME peut conserver des véhicules pour les déplacements quotidiens des équipes et réserver le transport avec chauffeur aux situations dans lesquelles il apporte une véritable valeur.

Cette organisation permet de réserver les ressources internes aux trajets fréquents et prévisibles, tout en évitant de dimensionner une flotte pour absorber des besoins ponctuels.

Le même principe peut s’appliquer à la LLD : une entreprise peut disposer de véhicules en location pour son activité courante tout en externalisant les transferts de dirigeants, clients ou délégations.

L’objectif est finalement de faire correspondre le mode de transport au type de déplacement, plutôt que de chercher une solution unique pour toutes les situations.

Quels indicateurs suivre avant de changer de modèle ?

Avant de modifier l’organisation, une PME a intérêt à analyser ses déplacements sur une période représentative, par exemple six à douze mois.

Le nombre de kilomètres parcourus, le nombre de trajets, le temps passé au volant, le taux d’utilisation des véhicules et le coût annuel complet constituent une première base.

Il peut également être utile de mesurer le nombre d’heures pendant lesquelles les véhicules restent inutilisés. Une voiture qui ne roule que quelques heures par semaine peut représenter un actif relativement coûteux au regard de son utilisation réelle.

Enfin, l’entreprise doit identifier les trajets qui ont une forte valeur stratégique : rendez-vous commerciaux, déplacements de direction, accueil de partenaires ou transferts de voyageurs professionnels.

Cette analyse permet d’éviter une décision fondée uniquement sur le tarif facial d’une prestation.

Externaliser les déplacements peut donc constituer un véritable gain pour une PME, mais seulement lorsque le calcul prend en compte l’ensemble des coûts de possession et surtout la valeur du temps mobilisé. La flotte en propre reste pertinente pour les usages intensifs, la LLD apporte de la prévisibilité budgétaire, tandis que le véhicule avec chauffeur trouve sa place sur les trajets ponctuels ou à forte valeur ajoutée. Dans cette logique, un opérateur régional comme TSE Transport, présenté notamment sur www.tse-transport.com, illustre le type de service auquel une entreprise peut recourir pour certains déplacements professionnels externalisés.

FAQ

Une PME doit-elle supprimer sa flotte pour externaliser ses déplacements ?

Pas nécessairement. Dans de nombreux cas, une solution hybride est plus cohérente. Les véhicules internes peuvent être conservés pour les trajets fréquents, tandis que les déplacements exceptionnels ou nécessitant un chauffeur sont confiés à un prestataire.

Comment savoir si le temps de conduite justifie un chauffeur professionnel ?

Il faut comparer le coût de la prestation avec la valeur économique du temps passé au volant. Pour un collaborateur dont le temps de travail est fortement valorisé, plusieurs heures de conduite peuvent représenter un coût supérieur à ce que laisse penser le simple calcul du carburant.

La LLD est-elle réellement moins coûteuse qu’un véhicule acheté ?

Pas automatiquement. La LLD réduit l’investissement initial et rend les dépenses plus prévisibles, mais elle ne supprime pas les coûts liés à l’utilisation du véhicule. La comparaison doit porter sur le coût total de possession et d’utilisation, sur toute la durée considérée.

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